Billes de Plume

... à la poursuite des idées simples... le Blog de Bruno Vildrac

135

Le nombre 135 est la synthèse la plus brève et la plus expressive des contours de l’intelligence française. Vous serez surpris de voir ce qui se cache derrière ces trois chiffres. 135 c’est très exactement le montant en euros de l’amende encourue si vous ne respectiez pas les consignes du temps de confinement. Ce nombre a un sens caché, ou plutôt un sens subliminal.

Pour une amende, 50, 100, ou 150 euros semblaient tomber sous le sens. Bien trop simple ! Ce choix de 135 euros, nombre sorti de nulle part, cristallise à merveille l’approche conceptuelle française. Celle qui imprègne, depuis près de 50 ans, tous les cerveaux de la sphère publique.

Pour trouver l’explication de cette néfaste curiosité, il faut chercher du coté de ceux qui conseillent le Prince, c’est à dire le Président de la République. Le Prince a toujours l’angoisse de perdre le pouvoir dont la conquête l’a obsédé. Le meilleur moyen de le garder est de ne pas commettre de bourdes, où à le dissimuler s’il en commet malgré tout. A cette fin le Prince s’entoure de conseillers. Pas n’importe lesquels. Il veut les plus brillants et les plus malins. Or un conseiller malin sait qu’il n’est pas là pour simplifier : tout au contraire il tient son influence de l ‘exposé de la complexité de chaque situation.

D’où la règle n°1, un conseiller crée de la complexité, même là où il n’y en a pas, car ce faisant il magnifie le Prince qui doit trancher dans cette complexité, si bien analysée par le conseiller. Que le prince souvent ne soupçonnait même pas.

Cette option délibérée et quasi philosophique, explique pourquoi les dirigeants des autres pays ont autant de mal à comprendre notre refus devant l’obstacle, et notre goût pour les stratégies d’évitement. Nos influenceurs préfèrent reconstruire le réel, pour qu’il s’accorde avec les visions complexes qu’ils ont plaisir à échafauder. Les exemples de solutions logiques, efficaces car simples, sont légion chez nos voisins européens.

Règle n° 2 : la complexité est sélective. Elle écarte les pragmatiques et renvoie le bon sens dans le placard des idées frustres. Elle réduit au plus petit nombre les conseillers potentiels, qui forment un club d’élus, parfaitement en phase, sans même avoir à se concerter. Depuis des dizaines d’années, ils se nomment Raymond, Alain, Jacques… et ont accès aux heures tardives et discrètes, celles de leur avis magistral.

On peut affirmer que Giscard d’Estaing a été le premier représentant de cette école, car il était sur ce plan primus inter pares. Aucun conseiller ne pouvait le challenger en terme d’excellence. Il se fit d’ailleurs une spécialité de traduire, à sa manière, la complexité en petites leçons de simplicité sur paper board. Avec les successeurs de Giscard, les conseillers ont intellectuellement dominé le Prince, en ayant la courtoisie de lui laisser toujours la signature au bas de la décision.

Règle n° 3 : la complexité se construit d’elle même. Dès l’instant où le postulat de départ est que si la question est simple, c’est qu’elle n’est pas bien posée, vous ouvrez systématiquement un appel d’air, un appel d’offres pour la rendre complexe ! Qui accouche au final de 135, et surtout pas de 130, encore moins de 100, qui serait presque trivial. Nous sommes aux antipodes de la vie quotidienne de l’entreprise qui en recherchant l’option la plus efficace, aboutit la plupart du temps sur la solution la plus simple : un croquis vaut mieux qu’un long discours. Le choix délibéré de la solution 135 est d’autant plus facile qu’il est indépendant de toute sanction dans le temps. Dans la sphère publique , le seul risque réel encouru, est que d’autres atteignent avant vous les échelons décisifs. Et il y a largement assez de postes pour tempérer les déceptions de ceux qui n’atteignent pas la toute dernière marche.

Règle n°4 : la complexité devient virale. Dans la sphère décisionnelle publique, une fois que vous avez compris les effets valorisants de la complexité, la méthode ruisselle jusqu’aux échelons les plus simples de la hiérarchie. Le fait que des tâches et des missions ne servent strictement à rien, au niveau du bénéfice rendu, n’a plus vraiment d’importance. La stupéfaction des français devant l’ineptie n’a pas d’autre origine que l’auto-satisfaction de la sphère publique. Si un président de région parvient à dégonfler de 15 % les frais de structure, cela laisse deviner à quel niveau d’invraisemblances ils étaient parvenus. En ce moment de CoVID 19, une très grosse collectivité territoriale a décidé de consacrer une toute petite enveloppe de 200.000 euros pour soutenir les associations, par saupoudrage de 500 à 3.000 euros. Les conditions à remplir et l’énergie consacrée pour entrer dans les clous de l’éligibilité sont telles qu’il serait épuisant d’y répondre. Cela se nomme tout bonnement du travail artificiel sans aucune valeur ajoutée, mais qui sert l’image de celui qui l’a si généreusement initiée.

Règle n° 5 : La sécurité d’en haut crée l’usine à gaz du bas Dès lors que dans la sphère publique, vous avez accès à des jobs garantis à vie, la simplicité n’est plus un critère pertinent. Dans la partie haute du triangle décisionnel, on apprécie particulièrement ceux qui savent extraire de l’inextricable magma administratif un angle d’attaque. Ce qui leur donne aussitôt la liberté d’en rajouter une couche, sous les applaudissements forcés de leurs rivaux. Puisqu’il n’y aucun risque à étudier le problème, tout le monde se jette dessus, en créant des comités, des cellules, des délégations, et même des hauts-commissaires. L’usine à gaz ne peut plus reconnaître son propre père, puisque tout le monde dit avoir participé à la fécondation. Le 5 de 135 c’est moi !

Règle n° 6 : Plus la société civile performe en simplicité, plus la sphère publique en détruit le bénéfice . Elle est par nature schizophrène, car elle sait qu’elle doit sa survie à la performance des entreprises, tout en bridant et récupérant cette performance sous forme de taxes et de normes. Si vous laissez à une entreprise l’euro de résultat qu’elle a produit, elle l’utilisera pour pouvoir en générer 2. Si vous laissez la sphère publique prélever la moitié de cet euro, elle en consommera 50 % pour elle même, il n’en restera donc qu’un quart pour le bien commun, et vous aurez perdu toute chance d’en avoir 2. Il est désormais établi que l’amélioration générale du niveau de vie dépend avant tout du moins d’état. Soit l’exact contraire de la préférence française. Le Covid 19 prouve que le foisonnement des initiatives individuelles, est un révélateur extraordinaire des potentialités, malgré la glaise administrative qui s’accroche désespérément au maintien de l’usine à gaz. Dans un pays qui en temps normal était déjà quasi hors course pour les raisons citées, la crise va accroître le pouvoir de tous ceux qui ont choisi la sphère publique pour l’immunité qu’elle garantit. La production de bâtons dans les roues va exploser !

Et c’est ainsi qu’aucune recherche ne sera entreprise pour trouver l’antidote au poison 135….

A diffuser sans modération….

Lettre recommandée aux punitifs, aux déclinistes, et aux étatistes.

En février 2020, J’avais presque achevé un billet sur le raz de marée prévisible des écologistes aux municipales, qu’une autre vague a soudain mouillé mon papier.

Vous connaissez le contexte Covid 19, inutile donc de le décrire en boucle comme le font les médias qui pataugent avec délectation dans la redite. Le virus nous a pris de face et à revers. Dans ce contexte tragidémique, il faut contrer trois écoles de pensée qui font d’importants dégâts elles aussi. La dangerosité des idées fausses est tout aussi réelle et grave, mais le vaccin existe lui : il faut déconstruire l’ossature de leurs affirmations. Les punitifs, les déclinistes et les étatistes sont parmi nous. C’est le bon moment de leur adresser une lettre recommandée.

Les PUNITIFS. Ils savaient que cela allait nous arriver. Il savaient que le mal était dans le fruit, et que la punition était imminente. Leur preuve est enfin arrivée : elle est là, bien là, impitoyable et tueuse. Ils ont deux causes fondamentales, prêtes à l’emploi : le péché d’un coté, et le capitalisme de l’autre. La formule est même totalement réversible. Pour les punitifs les solutions sont évidentes, ré-éduquer le pécheur et remplacer le capitalisme, ou les deux en même temps : ainsi le monde deviendra sain pour la première fois de son histoire. Si vous demandez aux punitifs de vous préciser où commence le péché et le capitalisme, son autre visage, ils vous diront dans le gain, dans le profit, donc dans la richesse. Le punitif croît à la vertu de la crainte. Peu importe que l’humanité ne sorte pas de son état naturel de pauvreté, il faut castrer la richesse. Mediapart est le chef spirituel de cette tribu, qui désigne le gibier à traquer. Autre signe de reconnaissance , le punitif affirme qu’il y a de l’intentionnalité dans tout évènement, et qu’il sait en donner l’explication. Dès que vous entendez ou lisez qu’il y a de l’intentionnalité dans la nature, ou à cause d’une divinité, vous savez que vous côtoyez un punitif. Distancez vous de plusieurs mètres. Le punitif peut avoir assez de talent rhétorique pour vous amener à conclure par vous même qe vous êtes effectivement coupable..

Les DECLINISTES. Il est en général, plus subtil et plus habile que le punitif. mais il est plus inquiet, bien plus inquiet. Le décliniste a une perméabilité naturelle pour tour ce qui cloche. Si un ratio alarmant lui passe sous le nez, il le retiendra longtemps. L’avenir du décliniste est de devenir frugaliste. La plupart des déclinistes vivent déjà dans de bonnes conditions de sécurité : ils ont un job qui les protège de la concurrencence sauvage effrénée. Ils sont installés dans la vie. Ils utilisent tous les progrès technologiques, mais pour se dédouaner, ils en sont les meilleurs pourfendeurs. ‘‘ On va dans le mur », est leur incantation favorite. A quoi bon, finalement ? Les déclinistes ont leurs cardinaux, comme Bové ou Rabhi. La fable du colibri, qu’il adorent, leur prouve qu’ils sont dans le vrai. Ils sont trop contents d’être en avance sur leur époque. Pour eux, il n’y a aucun hiatus entre la sobriété et le développement économique. Les pays en développement auraient même la chance de sauter la trop douloureuse séquence consumériste qu’ils ont subie. Le décliniste voit dans la nature l’image de la prime enfance de son grand-père : pour lui la nature ne change pas, c’est l’homme qui la contraint et la déstabilise. L’entropie, il ne veut pas trop en entendre parler : qu’est ce que c’est que ce concept à la noix ? Il est entièrement d’accord pour que la médecine la plus performante lui sauve la peau, mais pas que le TGV perturbe ses abeilles. La gravité de la pandémie va dépasser ses espérances de sobriété les plus folles, et quand le PIB mondial se sera contracté de 15 à 20 %, il ne mesurera pas l’indécence de sa situation privilégiée. Le décliniste se veut minimaliste, tout en s’assurant que le meilleur de la technologie ne soit pas trop éloigné quand même. Le décliniste sera assez prudent pour ne pas se prononcer sur la relance du  »système », qu’il trouvait détestable, au point de vouloir s’en passer.

Les ETATISTES. L’étatiste s’hydrate à la potion magique. Dès que la situation devient réellement complexe, il faudrait appeler l’Etat. Tout peut s’arranger, puisque l ‘état peut tout racheter. Lui seul peut effectivement emprunter dans les proportions considérables, pour gommer la catastrophe. L’état s’il n’a pas le pouvoir sur les initiatives individuelles , a au moins les cordons de la bourse. L’étatiste pose comme postulat que la puissance publique détient la juste mesure de l’intérêt général : l’individu, le pauvre citoyen, trop égocentré, n’est pas capable de diagnostic global. Seul l’état aurait la capacité de lire les enjeux. Pour l’étatiste la justesse d’analyse lui est promise, puisqu’il agît au nom de la collectivité. Il ne commet pas d’erreur. Ainsi Roseline Bachelot court les plateaux et se dit enfin réhabilitée, en omettant de préciser qu’elle a été la seule à prendre tous les parapluies à la fois, et à interdire aux médecins de vacciner ! L’étatiste inverse la hiérarchie d’utilité sociale. Il place l’état bien avant l’entreprise ; il ne sait plus voir que l’impôt, sans lequel il est nu, provient exclusivement de l’entreprise et des salaires qu’elle verse pour pouvoir produire. Pas d’impôts pas d’état : pas d ‘entreprises pas d’impôts. pas de créateurs d’entreprises…que des pauvres. L’ indépendant étant à lui seul le patron et le salarié de son business. L’étatiste se perche sur une tribune, dont il ne veut plus voir les fondations. Si le covid-19 plombe les entreprises, comment l’état ne serait-il pas lui même plombé ? L’état peut même précipiter la ruine, au nom de ses propres terreurs. L’étatiste finit toujours par se persuader qu’il fera plier la réalité. mais la réalité n’est pas pliable. Si vous lui expliquez que plus il y a d’état, moins il y a de performances, il vous toise de haut. La sur administration engendre la sous-productivité. Elle va encore augmenter, puisqu’aucun fonctionnaire ne perdant son boulot, le taux d’emploi public va encore augmenter. Les postiers et bien d’autres qui se confinent, confinent le service public, mais ils ne seront jamais licenciés et ont donc le beurre et l’argent du beurre. En période de crise violente la procédure est le contraire de la réactivité, or c’est justement ce que respecte le fonctionnaire en priorité. La norme peut tuer. Le professeur Raoult aura réussi à démontrer les limites dramatiques de l’étatisme. Il ne faut jamais oublier une donnée fondamentale : les effectifs de l ‘état sont très majoritairement composés de personnes qui ont choisi d ‘écarter définitivement l’incertitude et le risque. Il ne s’agît ici nullement d’intelligence ou même de bonne volonté. Enfin comment imaginer qu’un pays qui dissimule son inefficacité chronique, sous une montagne de dettes puisse tout à coup devenir performant ? Il est clair que c’est en Allemagne que les chances d’en réchapper sont les plus élevées, si vous êtes touchés par le coronavirus. Pourquoi ? Parce qu’is ont le moins d’état et qu’ils n’ont pas assèché le pluralisme conceptuel et organisationnel.

Cette crise fera remonter à la surface bien plus que des exigences de moyens et d »indépendance sanitaire, elle montrera l’incapacité de l’intelligence étatique à poser correctement les problèmes, et l’iniquité criante entre public et privé. Encore une fois nous nous en sortirons grâce à l’initiative privée : chaque jour qui passe témoigne de son efficacité et de son utilité. Plus il y a d’état, plus notre risque augmente.

Prendre de la distance… .

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Iran 0 , Trump 2, service à suivre

Vous le savez bien, Trump est le plus médiocre Président des Etats-Unis depuis la fin de la seconde guerre mondiale. De quoi remettre en cause la santé mentale d’une nation. Un score éblouissant et mondial d’opinions négatives.

Eh bien après ce qui vient de se passer en 15 jours, je serais Iranien, je commencerai à cocher le calendrier pour voir combien de temps les Mollahs et les gardiens de la révolution vont tenir.

La riposte magistrale qui devait venger Soleimani, a fait l’effet d’une bombe à eau. Et avec l’assassinat de 172 Irakiens dont l’avion est passé dans le viseur de l’incompétence tueuse, on atteint le tragique du déni sanglant.

Qui ira désormais reprocher à Trump de réagir à la moindre folie suicidaire des Mollahs. Mollahs qui sont sûrement entrain d’étudier avec la plus grande attention, où ils iront se planquer quand le vent va tourner.

Les iraniens ont désormais un intérêt direct à ce que Trump soit réélu, car il ne lachera pas la pression. Et il serait bien miraculeux que les Mollahs tiennent encore 6 ans. Les sanctions vont faire très très mal. Les démocrates en ne faisant rien, renforceraient un peu plus longtemps les mollahs.

Si les européens comprenaient les véritables enjeux, ils se dispenseraient d’aller faire du tourisme pour s’extasier sur l’histoire Perse, alors que dans le village d’à coté toutes les femmes sont traitées comme des objets sexuels : comment ça rien à voir ?

Il est vrai que le Président tweeter a complètement déstabilisé la tribu des experts, dont le métier est de nous éclairer sur la situation et le futur, car nous, nous sommes trop pauvres en cartes maitresses pour percevoir les complexités du monde. Sic

Au petit matin, l’histoire peut surprendre : et si l’instabilité de Trump avait pour effet bien réel, d’inciter les gros cadors de la planète à ne pas trop jouer avec le feu, ou pousser le bouchon un coup trop loin.

Nous sommes en face d’une constante imparable : quand vous partez avec un flot d’opinions flatteuses, le ciel peut vite devenir sombre. Quand vous partez avec un torrent de mépris et de sarcasmes, le ciel ne peut que s’éclaircir.

On pourrait prendre Mélenchon et Trump, ça fonctionne ! Vous devinez lequel dénouera possiblement la tragédie iranienne…

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La pénibilité née dans une rose-poing

Le vrai père de la pénibilité n’est plus. Il se nommait François Mitterrand. Son combat contre la pénibilité originelle du boulot a bien marché puisqu’il lui a permis d’être élu. Ce jour là, le travail en a pris un sacré coup !

Il est superflu de se lancer dans une longue dissertation, à dominante socialisante, pour résumer la trame du projet. Une élection se gagne toujours du coté du loisir et de la détente et jamais du coté de l’effort, du travail, de la responsabilité. Mettez y aussi un peu beaucoup d’allocations pour emporter l’affaire.

Retraite à 60 ans, alors que déjà les meilleurs économistes, comme Galbraith, disaient à l’époque qu’il fallait aller progressivement vers 70 ans, car l’inactivité pendant un trop long temps de retraite génèrerait plus de frustrations et de nouveaux dilemmes, que de bénéfices. Et qu’être sorti trop tôt du monde du travail, et donc de ne plus contribuer à la dynamique sociétale naturelle, provoquerait d’autres types d’ effets plus pernicieux.

Mitterrand n’est plus là pour voir les dégâts que sa soif de pouvoir provoque toujours en 2020.

Cinquième semaine de congés payés, pour bien plomber le coût du travail et confirmer que le loisir est la vraie tendance moderne et progressiste.

Dernière couche avec les 35 heures. Ou le summum de ce que la vanité et l’idéologie peuvent produire pour serrer encore d’un cran le travail, exigence honteuse qui abrutit l’individu.

Et cerise sur l’énorme Chantilly, le courtisan le plus obséquieux, célèbre la défaite du travail, en inventant une fête de la musique, le jour de l’été. Le loisir est enfin arrivé au sommet du triangle des vraies valeurs. Le travail c’est trop moche.

A 25 ans, je pense retraite. Victoire !

Reconnaissons qu’effectivement il y a des gens qui s’ennuient au travail. Parce qu’ils n’ont pas assez de travail, justement. Ceux là sont souvent très ingénieux pour dissimuler qu’ils n’ont de fait pas grand chose à faire. Quelque chose d’utile s’entend. Souvenez vous du Livre produit par Zoé Shepard du Conseil régional d ‘Aquitaine  » Absolument dé-bor-dée  » . Tellement et honteusement exact qu’il a été envisagé de la licencier au plus vite. Le chômage interne existe, et il se voit malgré tous les paravents dressés pour le masquer.

Ah l’effort …. ! Souvenez vous : vous deviez porter votre valise dans les gares et les aéroports, et lors de votre déménagement il fallait monter 4 étages. Aujourd’hu, vous poussez votre valise à roulettes, et vos meubles sont hissés sur un élévateur.

Oui mais le travail, Monsieur, c’est vraiment pénible…!

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Aiguillages déviés…

Pas une seule fois depuis un an de crise, je n’ai entendu les vérités basiques. La poussière est toujours sous le tapis. Elle caracole au firmament des tranquillisants. Qu’est ce que vous me dîtes il y a un problème avec la grève ?

Voici les questions volontairement déviées par tous ?

Question 1 : Quelle part réelle des cheminots sont-ils eux mêmes descendants directs d’un cheminot ?

Question 2. Combien ont-ils de très proches parents, eux aussi cheminots : frères et soeurs, oncles, cousins, beau-frères …

Question 3 : Quel est le taux de démissions volontaires pour des cheminots qui n’en peuvent plus à force de « sacrifices » ?

Question 4 : Combien des conducteurs qui partent à la retraite à 52 ans, reprennent-ils une activité ?

Question 5 : Combien de conducteurs partent-ils à l’étranger après leur retraite, pour exercer le même métier ?

Question 6 : Quel est le taux exact d’absentéisme des 16.000 conducteurs ? Dangereux de faire conduire des trains par des personnes qui sont x fois plus en arrêt de maladie qu’un salarié du privé, non ? La perte de qualification devrait être automatique comme pour les pilotes de ligne, si le seuil d’arrêts de maladie répétitifs est franchi.

Question 7 : Combien de cheminots ont-ils été licenciés pour faute professionnelle durant les 40 dernières années ?

Question 8 : Combien de mises à pied sont-elles prononcées chaque année à l’encontre des cheminots qui agressent les non grévistes ?

Question 9 : L’entreprise SNCF est-elle encore une entreprise publique, ou une entreprise privatisée de fait par les cheminots ?

Question 10 : Quel est le montant précis de la perfusion de l’état qui finance le train le plus cher au monde au km/passager depuis 40 ans ?

Les nouvelles technologies vont faire ce que les politiques n’osent plus faire : faire cesser le chantage légal. La paralysie sera de plus en plus contrée par le smartphone. Outil universel qui recrée les liaisons nécessaires, pour s’affranchir de la prise d’otages.

Les syndicalistes extrêmistes sont « entrain » de creuser leur tombe.

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La couveuse et la tirelire

Le Black Friday n’a jamais aussi bien porté son nom.

Cette tradition typiquement américaine, a été importée en France comme la citrouille d ‘Halloween, un mois plus tôt que Thanksgiving.

Voilà de quoi exciter la vision déprimée des puristes qui ne veulent pas voir que le commerce repose aussi sur des stimuli. Et pas uniquement sur la nécessité. En avant pour la remise en cause du système ! Les gens sont des gogos crédules et les GAFAM sont des ogres insatiables.

Les bons apôtres disent au petit peuple ce qui est bien, mais surtout ils montrent du doigt ce qui est vilain. Ils sont en mode black thinking tous les jours, pas uniquement lors du black friday

Pour comprendre leur détestation de la réussite, revenons à ce qui est, et non pas à ce qui devrait être.

Ce qui est : c’est que tout le monde s’est équipé d’un smartphone, tout le monde fait ses recherches sur Google, tous les moins de 60 ans sont sur Facebook, tout le monde a commandé un truc sur Amazon, et tout le monde a un ordi, soit Windows, soit Mac. Quelle horreur !

Le capitalisme est fondamentalement une couveuse : une couveuse de bonnes idées : celles qui marchent, et qui sont adoptées par tout le monde sans la moindre pression. C’est vous, c’est moi qui disons ce qu’est une bonne idée : c’est celle qui vous rend plus efficace, qui est plus rapide, plus pratique, plus simple, plus, plus, plus……. et pour moins cher !

Les puristes/prêcheurs contestent cela : ils veulent édicter la bonne mesure du succès. Faire des bénéfices leur convient, seulement s’ils sont juste un peu au dessus de la corde raide. Leur entreprise idéale est celle qui ne faisant quasiment pas de résultats, est en permanence au bord du précipice.

Car la sainte secte ne comprend pas que la survie d’une entreprise passe d’abord par sa tirelire : c’est à dire la trésorerie générée par un résultat régulier. La tirelire est une garantie pour ne pas sombrer au premier aléa. Les tribunaux de commerce ne jugent que des défaillances, c’est à dire des tirelires vides, à sec.

Le black thinking ne provient pas de nulle part. Il germe dans les têtes d’individus qui n’ont jamais été confrontés de près ou de loin à la création de richesses. Ils n’ont jamais créé aucun emploi, par contre ils savent d’instinct comment on doit utiliser l’argent produit par les autres. Ce serait cash que tous les contempteurs du capitalisme nous disent quel métier ils exercent, quand ils montent en ligne.  Je m’étonne que cette info soit toujours absente ou dissimulée.

Il n’y a pas qu’aux Etats-unis que les dindes broient du noir.

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Défiscalisation ? Chiche !

Question fric, nous avons tous un don naturel, quel que soit notre niveau de fortune. Et nous accordons la meilleure attention à la gestion de notre argent. Pourtant dès qu’il ne s’agît plus du notre, notre vigilance s’évanouit. Ainsi en est-il de l’ argent des autres et notamment de l’argent public.

L »efficacité de l’ impôt est aujourd’hui en décroissance continue, car dès que vous consommez de l’argent qui n’est pas le votre, votre regard change radicalement, et le démon surgît. Le gaspillage et son impunité.

Ainsi, le budget de la copropriété s’envole. Ainsi le syndicaliste explique-t-il comment le patron doit redistribuer les marges. Ainsi le patron le l’ARC se fait-il prendre dans un énorme scandale. Ainsi fin 2019, le Vatican est-il impliqué dans une vaste opération immobilière à Londres avec l’argent du dicastère des Oeuvres sociales. Oui, le diable barbote aussi dans le bénitier.

On ne compte plus les rapports de la Cour des comptes qui vérifie cet adage : l’argent n’est bien consommé que par celui qui l’a gagné. En d’autres termes, dès qu’il s’agît de l’argent de l’impôt, c’est à dire l’argent des autres, les pertes en ligne s’accumulent.

Avec une somme disons de 100.000 euros qui en tire le meilleur usage pour la collectivité ?

J’en viens donc à la défiscalisation. Ce n’est pas une histoire de niches. Elle consisterait à dé-fiscaliser réellement 15 % de l’impôt sur les sociétés et sur celui des plus gros patrimoines privés, pour qu’ils aient la libre destination de cet argent. Donc sans passer par la case fiscale. Soyons précis : si un groupe du Cac 40 paie 500 millions d’impôts sur les sociétés, il en verserait 425 millions au fisc et 75 millions directement à un ou plusieurs bénéficiaires de son choix.

Lesquels, me direz vous ? Ceux qui seront inscrits sur un registre de solidarité et d’intérêt général, après avoir clairement affiché leur mission et leur besoin. Ainsi le court circuitage volontaire de la fiscalisation provoquerait une salutaire réaction d’efficacité. Un riche , donnerait librement de l’argent à sa voisine au bord de l ‘asphyxie sociale, ou prendrait un autiste en charge. Le donateur conservant jusqu’au dernier euro le contrôle de l’usage de son apport. Le très très bon film « Hors Normes » démontre de manière magistrale à quel point, il faut libérer nos sociétés des outrances de la fiscalisation, et de sa jumelle… la terrifiante procédure normalisée.

Cette idée est simple. Et sa mise en oeuvre l’est tout autant.

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Le temps n’a plus le temps.

On dit que les démocraties souffrent. Je parle des vraies démocraties. Pas de celles qui ont adopté le suffrage universel, pour faire semblant d’être des démocraties. Bonjour les vieilles ficelles et les manipulations.

L’électeur d’une démocratie véritable croît sincèrement que celui auquel il délègue son pouvoir de faire, va réellement s’en servir. Et surtout s’en servir vite. Là est le hiatus : l’élu devient schizophrène. Il a voulu le pouvoir, mais il pète de trouille de s’en servir. Si un électeur le prend à partie sur le marché le samedi matin, il en déduit que le pays est au bord de l’insurrection. Agir n’est pas sa culture : il a tant de considération à perdre.

L’entreprise politique vit sur un tempo qui n’existe plus : le temps du mandat n’est plus celui auquel se réfère l’électeur. Le temps perdu à ne pas se tromper est devenu insupportable. Et cela l’est d’autant plus qu’avant l’élection, le prétendant a dit qu’il savait par coeur ce qu’il faut faire. Aucune entreprise privée ne sait ce qu’est un temps de mandat. Si elle ne réagît pas dans le vrai temps, elle décline et plonge. Le consommateur/client ne lui laisse aucun répit. Un PDG de groupe est débarqué par son conseil d’administration en une heure. Nous avons gardé Guillaume Pepy durant 20 ans et la mentalité de la SNCF s’est largement agrippée sur la coque de l’énorme  » immoarchaïsme ». Personne ne le sait, mais les cadres supérieurs et dirigeants de la SNCF ont aussi leur syndicat !

Les politiques n’osent pas admettre qu’ils doivent à leurs électeurs la même réactivité, qu’une entreprise doit à ses clients. Le dégagisme se nourrit de cette confusion tragique entre le temps réel et le temps politique, Celui ci s’est calé sur la petite aiguille des heures perdues, alors que le temps civil est calé sur celle des minutes gagnées.

Ceux qui ont l’assurance du temps garanti glissent irrémédiablement vers la médiocrité, même s’ils demeurent intellectuellement qualifiés.

L’immobilisme des horloges publiques est la cause profonde du ressentiment général. Cela fait et fera crever la démocratie.

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Le voile en face

Le sujet du voile est devenu sur-explosif au point qu’il nous muselle au delà de la prudence. Ce qui est clair c’est que parmi toutes les populations et cultures que la France a accueillies au cours de son histoire, cette toute dernière et grande vague pose bien un réel problème.

L’accoutumance à la présence de l’étranger ne fonctionne plus. Elle avait bien marché jusque là. Italiens, portugais, polonais, russes, vietnamiens, cambodgiens, avaient peu à peu appris et accepté la francisation. Ce n’est plus vrai aujourd’hui et c’est bien cela qui « coince ».

La phrase tarte à la crème est celle qui consiste à dire à tout propos que « l’immense majorité de ceux qui se disent musulmans » ne posent pour ainsi dire pas de problèmes. De l’art d’évacuer d’un revers de la main le fond du problème justement.

En fait, ce que les français constatent observent, sans savoir le décrire avec des mots savants, c’est que l’accoutumance ne prend plus. Un Djamel Debouze trouve sa place sur l’échiquier du politiquement correct. Mais une centaine de Djamel Debouze, cela passerait-il ? Assurément non.

Les us et coutumes importées sont si distantes et si imprégnées de croyances largement dépassées par l’occident développé, que la cohabitation désinvolte ne fonctionne pas. Ces cultures et ces populations n’ont pas encore atteint le stade de l’indifférence aux croyances de l’autre : là est le fond du problème.

L’évolution naturelle du développement, au sens le plus fort, et pour toutes les cultures, est de réduire la croyance et la superstition au bénéfice de la connaissance.

Combien de catholiques, parmi la décroissance continue du nombre de pratiquants, sont-ils encore arc boutés sur le poisson du vendredi ou la communion en étant à jeun depuis la veille ?

Qui aujourd’hui irait s’allonger dans un bloc opératoire où le chirurgien ferait brûler de l’encens devant un petit autel sur le mur du fond avant l’intervention, ou faire dire une messe ?

Si on veut voir le voile en face, il signifie que la croyance voudrait encore être dominante dans les sociétés contemporaines ouvertes.Cela fait plus d’un siècle que nous avons fort heureusement libérer la liberté de cette suprématie. Ce qui est voilé par le voile, ou le niquab, c’est la ré-importation de croyances dont l’occident s’était lui même libéré sous l’impulsion des lumières au 18 ème siècle.

La loi dit qu’elle préserve la liberté de culte : elle ne dira jamais que le culte peut utiliser la ruse et la feinte pour reprendre le dessus. Prétendre détenir la Vérité est au fond un signe de faiblesse, dont le prosélytisme est l’expression.

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La fouine et l’éléphant

J’ai pris le chemin de l’école, à 6 ans, dans les années cinquante. Comme nous étions nombreux dans la famille, je ne me souviens plus si ma mère m’a accompagné le premier jour. Je pense que oui. Elle l’avait déjà fait au moins cinq fois, et ne savait pas qu’elle aurait encore à le refaire plusieurs fois.

Cette école enseignait jusqu’à la classe de troisième, ce qui pour un enfant de cours préparatoire – on disait 11ème – représentait 9 années avant d’y arriver. Mais qu’est ce qu’on pourrait bien nous apprendre de si important qu’il faille y consacrer 9 ans ? Mystère total. L’idée qu’il faudrait encore continuer après cette classe de troisième ne nous effleurait même pas. Ni même la logique implacable du comptage à rebours pour atteindre la classe de première.

Mon père étant passé par cette école 35 ans plus tôt, il était évident que j’allais y apprendre les mêmes choses que lui. Toutes bien définies et progressives, sans surprise. Le tablier gris, la craie, l’ardoise et les billes, voilà les piliers mémoriels.

A cette époque là le monde changeait, ce qu’il ne cesse jamais de faire, mais à une vitesse encore imperceptible, et la tradition scolaire faisait étrangement ressembler l’éducation du fils à celle du père. A quelques découvertes près, qui passaient encore laborieusement la porte de l’école. 

Ce qu’il fallait apprendre ne faisait pas l’ombre d’un doute. Et l’utilité ne se discutait que dans le bureau inaccessible du directeur. L’enseignement était coffré entre les planches de la certitude et de l’évidence.

Le grec devenu spécialité des très bons élèves pouvait être évité, mais pas le latin, minimum indiscutable pour bien figurer dans le cercle des gens bien élevés.

La science et la technologie ne bousculaient pas trop brutalement les certitudes d’hier, et les auteurs classiques attiraient encore du monde dans les théâtres.

Nous ne savions que peu de choses sur ce qui se passait ailleurs, nos certitudes et nos habitudes ne vivaient que de légers soubresauts. On faisait encore sa communion.

Le journal ne savait pas encore qu’il allait être dépassé par le journal télévisé et lui même, tout ébloui par ses couleurs, qu’il serait terrassé par internet, puis par les réseaux sociaux.

Il y a 50 ans, le champ des connaissances était déjà très vaste, mais il semblait encore accessible aux esprits curieux, capable d’étudier et d’embrasser beaucoup de disciplines à la fois : la culture pouvait être encyclopédique et les professeurs éminents, c’est à dire bien au dessus du lot comme le dit ce mot.

Aujourd’hui l’éminence est réduite à une toute petite butte. 

Nous sommes tous devenus des méconnaissants. Le web a ouvert tellement de fenêtres, sur le passé, sur le présent, et sur le futur que nous sommes totalement désorientés par l’immensité de la bibliothèque mondiale qui continue de se développer sous notre clavier d’ordinateur en accélérant sans arrêt.

Ce que l’on sait par exemple de l’antiquité égyptienne est encore bien mince, ou plus encore sur l’origine de l’homme : les fouilles en cours dans le mystérieux chantier qu’est le cerveau humain en sont au stade de la maternelle. C’est vertigineux.

Ceci ne décourage pas d’apprendre, tout au contraire. Mais il nous faut gérer différemment notre disque dur mémoriel, dont on devine aisément que sa capacité ne va pas doubler tous les trois ans. 

Mettons pour être franchement optimistes que nous vivions tous 100 ans. Cela fait 36.500 jours. Retirons les 10 premières années d’apprentissage basiques et les 10 dernières années de perte d’envie d’apprendre, il nous reste 80 ans, soit 29.200 jours.

En retirant, pour l’instant, 8 heures de sommeil, cela nous laisse moins de 20.000 jours disponibles pour apprendre. Apprendre mais surtout retenir, ce qui ne va pas de soi.

L’équation de la connaissance est assez amusante à poser. 

Au numérateur nos 20.000 jours, convertis en temps d’apprentissage, temps de lecture, temps de conférences, théâtres, documentaires, débats télévisés, séminaires, recherches, rencontres inopinées, etc.… qui s’entrechoquent dans nos mémoires.

Au dénominateur, la somme algébrique de tout ce que l’humanité a découvert sur l’homme, la vie, le monde, la science, l’histoire, et l’univers. Une masse astronomique de connaissances.

Le ratio de cette équation ne cesse de diminuer. Nous apprenons de plus en plus, mais nous en savons de moins en moins. Nous oublions aussi de plus en plus, pour faire de la place à de nouvelles informations et connaissances qui surgissent des quatre coins de l’horizon. 

Portés par la technologie numérique et désorientés par le flot torrentiel d’informations que cette technologie rend disponibles, nous laissons nos mémoires en jachère ne sachant plus vraiment ce qu’il est utile de savoir. Paradoxe déroutant.

Au moyen âge et au premiers temps de l’université, selon les conclusions des chercheurs, les étudiants écoutaient leurs professeurs sans réel moyen de prendre des notes et étaient capables de restituer l’équivalent de 40 à 50 pages du cours entendu. 

Ils avaient donc une capacité de mémorisation extraordinaire. A une nuance près cependant, et fondamentale. Aucune autre influence extérieure ne venaient les distraire de leurs études et ils avaient effectivement l’esprit libre d’apprendre. Ce que disaient leurs maîtres n’était pas pollué par une multitude d’autres informations venues d’ailleurs, comme aujourd’hui. Leur espace disque n’était pas saturé.

Oui, nous sommes tous aujourd’hui des méconnaissants capables de dire des énormités par ignorance, car il nous est devenu strictement impossible de tout savoir. 

En dehors du champ de son expertise, l’éminent spécialiste apparaît aussi peu informé ou documenté que le commun des mortels et peut se faire piéger à tout moment, en flagrant délit de sottises.

Tel médecin hyper pointu en rhumatologie se fait prendre comme un bleu au jeu des placements financiers mirobolants. Tel écrivain est incapable de citer un nom de sportif champion olympique. Tel pilote de ligne ne sait comment fermer sa piscine pour l’hiver. Tel vigneron ne sait qui est ministre du commerce.

Tout le monde a oublié l’année où on a marché sur la lune, ou l’année du printemps de Prague. Qui était au pouvoir avant de Gaulle ? Combien sont les Mexicains ? Où la Seine prend sa source ? Qui a écrit l’Île au Trésor ? Qu’est ce qu’une once d’or ? Que veut dire échelle de Beaufort ?

Souvenez vous du succès phénoménal du Quid il y a 40 ans. Il permettait d’avoir presque réponse à tout en étant de la taille d’un dictionnaire courant. En le feuilletant nous découvrions que nous ne savions pas grand chose. Mais convaincus par le dicton « mieux vaut une tête bien faîte que bien pleine » des millions de famille ont eu leur exemplaire du Quid, dico de secours pour têtes de linottes.

Aujourd’hui un savoir faire très utile est de savoir énoncer sur un moteur de recherche les 3 premiers mots qui vont activer de manière décisive le petit diablotin qui va faire surgir de la boîte Internet les adresses tant recherchées.

Avec le web tout le monde dispose de la même bagnole : c’est la démocratisation la plus absolue : le communisme a l’état pur. 

Oui mais… certains ne savent et ne sauront jamais s’en servir. Le communisme de l’engin ne remplace pas l’intelligence de la main. Qui fait de la souris une formule 1 ou un escargot.

Nous sommes définitivement entrés dans l’ère de la connaissance à la carte. Nous trouvons et apprenons ce que nous avons décidé de chercher, de trouver, et de retenir. 

70 ans de sécurité sociale ayant fait de nous des santé-dépendants, accros à la vie éternelle, nous pouvons trouver sur le net cent fois plus d’infos que notre médecin traitant ne pourrait nous en donner en 50 ans de consultations.

Et c’est ainsi que le flair de la fouine terrasse la mémoire de l’éléphant.

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