Billes de Plume

... à la poursuite des idées simples... le Blog de Bruno Vildrac

Mois : décembre 2020

De la valeur de l’inutile

Réjouissez vous chers amis et contemporains, je vais faire pour vous l’apologie de ce qui est parfaitement inutile.

Ah bon ? Mais oui cher ami, l’inutile a de l’importance, je dirai même plus, il est devenu d’une grande importance. Cette année 2020 nous en a privés. L’essentiel, nous l’avons eu : nous avons stocké de l’essentiel car nous avons eu peur d’en manquer. Les jours passant, nous avons peu à peu réalisé que l’essentiel était ailleurs que dans l’essentiel.

L’inutile, si essentiel, est indéfinissable, mais il est. 2020 nous a chipé ce quelque chose. Cette années nous a coupé les ailes, car elle nous a demandé de nous prémunir de notre contagion potentielle. Or tout notre équilibre repose justement sur notre contagiosité. Nous sommes des animaux de la plaine, de la colline, de la montagne et du rivage. Nous avons besoin de faire troupeau. Socialement différenciés, mais humainement dépendants. Tous, sans aucune exception. Robinson Crusoë survit parce que Vendredi est là.

Nous avons tous besoin de boire un verre avec Vendredi, de nous taper un bon petit gueuleton avec Françoise, Vincent, Paule et tous les autres. De surfer sur l’inutile d’une rencontre. De continuer à bridger avec cet abruti qui a laissé filé 4 coeurs, de refaire une dernière fois la piste noire avant la nuit, de savoir que l’andouillette se fait au vin blanc, de parler du Goncourt, de visiter le Kerala et Chicago, d’aller aux puces, au théâtre, au cinoche, au cirque du Soleil…. pourvu qu’il y ait… du monde. Pitié, du monde, du monde ou je m’étiole !

Notre indépendance sociale n’a plus de saveur si elle n’est pas assortie de notre dépendance sociale. Même si nous ne sommes pas tous dans les mêmes enclos, c’est quand les barrières sont levées que de la gentille pagaille de nos sourires et de nos frictions, de nos clins d’oeil et de nos maladresses… surgît une atmosphère de désordre, naturel.

L’inutile, a pris une valeur inestimable, car nous pourrions, comme l’écologiste en soutane, renoncer à tout ceci, et tout focuser sur l’essentiel. ( focuser est un néo- anglicisme dont la seule utilité est de prouver que vous êtes du bon enclos, et bien polarisé sur l’essentiel… )

Réjouissez vous de cette future capitulation de l ‘essentiel devant l’inutile, dont le poids économique vient d’être perçu à sa valeur réelle. L’homme moderne travaille laborieusement et sérieusement pour avoir accès à de l’inutile, car effectivement un quignon de pain, un os et un verre de vin ont suffi quotidiennement pendant des siècles. Le temps, que notre intelligence de roseau pensant nous fait gagner, nous le réaffectons à l’inutile,

Votre bouchon de champagne est le messager de l’inutile, conservez celui de 2020 dans le tiroir de votre histoire.

C’était le clin d’oeil de Billes de plume, déjà branché sur du 2021 volts. !

Aphorismes en papillotes…

Le confinement, nous fait visiter le grenier de notre cerveau.

Les maîtres à penser ne pensaient pas le devenir.

Nous avons, en moyenne, 6.500 pensées par jour. Achetez un compteur.

Être doué est très rarement suffisant.

90 ans ce n’est que…. 32.872 jours.

L’humour devrait être vendu en pharmacie.

La réussite est le cauchemar des envieux.

Personne ne pense à faire un régime de paroles.

La nature n’a pas les intentions qu’on lui prête.

Changer le monde est un alibi pour vaniteux.

Etre mieux dans ses baskets fait du bien aux autres.

Au final, je préfère Bashung …à Gaisnbourg

Le prochain coucher de soleil sera encore plus beau.

Halles…eluia !

Les mégalopoles seront survolées par des piétons. Soyez patients.

Un bon copain, c’est aussi nourrissant que du bon pain.

Il n’y a jamais eu deux humains identiques. Jumeaux compris.

La papillote sonorise notre gourmandise.

A diffuser avec les chocolats…

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