Billes de Plume

... à la poursuite des idées simples... le Blog de Bruno Vildrac

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Défiscalisation ? Chiche !

Question fric, nous avons tous un don naturel, quel que soit notre niveau de fortune. Et nous accordons la meilleure attention à la gestion de notre argent. Pourtant dès qu’il ne s’agît plus du notre, notre vigilance s’évanouit. Ainsi en est-il de l’ argent des autres et notamment de l’argent public.

L »efficacité de l’ impôt est aujourd’hui en décroissance continue, car dès que vous consommez de l’argent qui n’est pas le votre, votre regard change radicalement, et le démon surgît. Le gaspillage et son impunité.

Ainsi, le budget de la copropriété s’envole. Ainsi le syndicaliste explique-t-il comment le patron doit redistribuer les marges. Ainsi le patron le l’ARC se fait-il prendre dans un énorme scandale. Ainsi fin 2019, le Vatican est-il impliqué dans une vaste opération immobilière à Londres avec l’argent du dicastère des Oeuvres sociales. Oui, le diable barbote aussi dans le bénitier.

On ne compte plus les rapports de la Cour des comptes qui vérifie cet adage : l’argent n’est bien consommé que par celui qui l’a gagné. En d’autres termes, dès qu’il s’agît de l’argent de l’impôt, c’est à dire l’argent des autres, les pertes en ligne s’accumulent.

Avec une somme disons de 100.000 euros qui en tire le meilleur usage pour la collectivité ?

J’en viens donc à la défiscalisation. Ce n’est pas une histoire de niches. Elle consisterait à dé-fiscaliser réellement 15 % de l’impôt sur les sociétés et sur celui des plus gros patrimoines privés, pour qu’ils aient la libre destination de cet argent. Donc sans passer par la case fiscale. Soyons précis : si un groupe du Cac 40 paie 500 millions d’impôts sur les sociétés, il en verserait 425 millions au fisc et 75 millions directement à un ou plusieurs bénéficiaires de son choix.

Lesquels, me direz vous ? Ceux qui seront inscrits sur un registre de solidarité et d’intérêt général, après avoir clairement affiché leur mission et leur besoin. Ainsi le court circuitage volontaire de la fiscalisation provoquerait une salutaire réaction d’efficacité. Un riche , donnerait librement de l’argent à sa voisine au bord de l ‘asphyxie sociale, ou prendrait un autiste en charge. Le donateur conservant jusqu’au dernier euro le contrôle de l’usage de son apport. Le très très bon film « Hors Normes » démontre de manière magistrale à quel point, il faut libérer nos sociétés des outrances de la fiscalisation, et de sa jumelle… la terrifiante procédure normalisée.

Cette idée est simple. Et sa mise en oeuvre l’est tout autant.

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Le temps n’a plus le temps.

On dit que les démocraties souffrent. Je parle des vraies démocraties. Pas de celles qui ont adopté le suffrage universel, pour faire semblant d’être des démocraties. Bonjour les vieilles ficelles et les manipulations.

L’électeur d’une démocratie véritable croît sincèrement que celui auquel il délègue son pouvoir de faire, va réellement s’en servir. Et surtout s’en servir vite. Là est le hiatus : l’élu devient schizophrène. Il a voulu le pouvoir, mais il pète de trouille de s’en servir. Si un électeur le prend à partie sur le marché le samedi matin, il en déduit que le pays est au bord de l’insurrection. Agir n’est pas sa culture : il a tant de considération à perdre.

L’entreprise politique vit sur un tempo qui n’existe plus : le temps du mandat n’est plus celui auquel se réfère l’électeur. Le temps perdu à ne pas se tromper est devenu insupportable. Et cela l’est d’autant plus qu’avant l’élection, le prétendant a dit qu’il savait par coeur ce qu’il faut faire. Aucune entreprise privée ne sait ce qu’est un temps de mandat. Si elle ne réagît pas dans le vrai temps, elle décline et plonge. Le consommateur/client ne lui laisse aucun répit. Un PDG de groupe est débarqué par son conseil d’administration en une heure. Nous avons gardé Guillaume Pepy durant 20 ans et la mentalité de la SNCF s’est largement agrippée sur la coque de l’énorme  » immoarchaïsme ». Personne ne le sait, mais les cadres supérieurs et dirigeants de la SNCF ont aussi leur syndicat !

Les politiques n’osent pas admettre qu’ils doivent à leurs électeurs la même réactivité, qu’une entreprise doit à ses clients. Le dégagisme se nourrit de cette confusion tragique entre le temps réel et le temps politique, Celui ci s’est calé sur la petite aiguille des heures perdues, alors que le temps civil est calé sur celle des minutes gagnées.

Ceux qui ont l’assurance du temps garanti glissent irrémédiablement vers la médiocrité, même s’ils demeurent intellectuellement qualifiés.

L’immobilisme des horloges publiques est la cause profonde du ressentiment général. Cela fait et fera crever la démocratie.

A diffuser sans modération…

Le voile en face

Le sujet du voile est devenu sur-explosif au point qu’il nous muselle au delà de la prudence. Ce qui est clair c’est que parmi toutes les populations et cultures que la France a accueillies au cours de son histoire, cette toute dernière et grande vague pose bien un réel problème.

L’accoutumance à la présence de l’étranger ne fonctionne plus. Elle avait bien marché jusque là. Italiens, portugais, polonais, russes, vietnamiens, cambodgiens, avaient peu à peu appris et accepté la francisation. Ce n’est plus vrai aujourd’hui et c’est bien cela qui « coince ».

La phrase tarte à la crème est celle qui consiste à dire à tout propos que « l’immense majorité de ceux qui se disent musulmans » ne posent pour ainsi dire pas de problèmes. De l’art d’évacuer d’un revers de la main le fond du problème justement.

En fait, ce que les français constatent observent, sans savoir le décrire avec des mots savants, c’est que l’accoutumance ne prend plus. Un Djamel Debouze trouve sa place sur l’échiquier du politiquement correct. Mais une centaine de Djamel Debouze, cela passerait-il ? Assurément non.

Les us et coutumes importées sont si distantes et si imprégnées de croyances largement dépassées par l’occident développé, que la cohabitation désinvolte ne fonctionne pas. Ces cultures et ces populations n’ont pas encore atteint le stade de l’indifférence aux croyances de l’autre : là est le fond du problème.

L’évolution naturelle du développement, au sens le plus fort, et pour toutes les cultures, est de réduire la croyance et la superstition au bénéfice de la connaissance.

Combien de catholiques, parmi la décroissance continue du nombre de pratiquants, sont-ils encore arc boutés sur le poisson du vendredi ou la communion en étant à jeun depuis la veille ?

Qui aujourd’hui irait s’allonger dans un bloc opératoire où le chirurgien ferait brûler de l’encens devant un petit autel sur le mur du fond avant l’intervention, ou faire dire une messe ?

Si on veut voir le voile en face, il signifie que la croyance voudrait encore être dominante dans les sociétés contemporaines ouvertes.Cela fait plus d’un siècle que nous avons fort heureusement libérer la liberté de cette suprématie. Ce qui est voilé par le voile, ou le niquab, c’est la ré-importation de croyances dont l’occident s’était lui même libéré sous l’impulsion des lumières au 18 ème siècle.

La loi dit qu’elle préserve la liberté de culte : elle ne dira jamais que le culte peut utiliser la ruse et la feinte pour reprendre le dessus. Prétendre détenir la Vérité est au fond un signe de faiblesse, dont le prosélytisme est l’expression.

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La fouine et l’éléphant

J’ai pris le chemin de l’école, à 6 ans, dans les années cinquante. Comme nous étions nombreux dans la famille, je ne me souviens plus si ma mère m’a accompagné le premier jour. Je pense que oui. Elle l’avait déjà fait au moins cinq fois, et ne savait pas qu’elle aurait encore à le refaire plusieurs fois.

Cette école enseignait jusqu’à la classe de troisième, ce qui pour un enfant de cours préparatoire – on disait 11ème – représentait 9 années avant d’y arriver. Mais qu’est ce qu’on pourrait bien nous apprendre de si important qu’il faille y consacrer 9 ans ? Mystère total. L’idée qu’il faudrait encore continuer après cette classe de troisième ne nous effleurait même pas. Ni même la logique implacable du comptage à rebours pour atteindre la classe de première.

Mon père étant passé par cette école 35 ans plus tôt, il était évident que j’allais y apprendre les mêmes choses que lui. Toutes bien définies et progressives, sans surprise. Le tablier gris, la craie, l’ardoise et les billes, voilà les piliers mémoriels.

A cette époque là le monde changeait, ce qu’il ne cesse jamais de faire, mais à une vitesse encore imperceptible, et la tradition scolaire faisait étrangement ressembler l’éducation du fils à celle du père. A quelques découvertes près, qui passaient encore laborieusement la porte de l’école. 

Ce qu’il fallait apprendre ne faisait pas l’ombre d’un doute. Et l’utilité ne se discutait que dans le bureau inaccessible du directeur. L’enseignement était coffré entre les planches de la certitude et de l’évidence.

Le grec devenu spécialité des très bons élèves pouvait être évité, mais pas le latin, minimum indiscutable pour bien figurer dans le cercle des gens bien élevés.

La science et la technologie ne bousculaient pas trop brutalement les certitudes d’hier, et les auteurs classiques attiraient encore du monde dans les théâtres.

Nous ne savions que peu de choses sur ce qui se passait ailleurs, nos certitudes et nos habitudes ne vivaient que de légers soubresauts. On faisait encore sa communion.

Le journal ne savait pas encore qu’il allait être dépassé par le journal télévisé et lui même, tout ébloui par ses couleurs, qu’il serait terrassé par internet, puis par les réseaux sociaux.

Il y a 50 ans, le champ des connaissances était déjà très vaste, mais il semblait encore accessible aux esprits curieux, capable d’étudier et d’embrasser beaucoup de disciplines à la fois : la culture pouvait être encyclopédique et les professeurs éminents, c’est à dire bien au dessus du lot comme le dit ce mot.

Aujourd’hui l’éminence est réduite à une toute petite butte. 

Nous sommes tous devenus des méconnaissants. Le web a ouvert tellement de fenêtres, sur le passé, sur le présent, et sur le futur que nous sommes totalement désorientés par l’immensité de la bibliothèque mondiale qui continue de se développer sous notre clavier d’ordinateur en accélérant sans arrêt.

Ce que l’on sait par exemple de l’antiquité égyptienne est encore bien mince, ou plus encore sur l’origine de l’homme : les fouilles en cours dans le mystérieux chantier qu’est le cerveau humain en sont au stade de la maternelle. C’est vertigineux.

Ceci ne décourage pas d’apprendre, tout au contraire. Mais il nous faut gérer différemment notre disque dur mémoriel, dont on devine aisément que sa capacité ne va pas doubler tous les trois ans. 

Mettons pour être franchement optimistes que nous vivions tous 100 ans. Cela fait 36.500 jours. Retirons les 10 premières années d’apprentissage basiques et les 10 dernières années de perte d’envie d’apprendre, il nous reste 80 ans, soit 29.200 jours.

En retirant, pour l’instant, 8 heures de sommeil, cela nous laisse moins de 20.000 jours disponibles pour apprendre. Apprendre mais surtout retenir, ce qui ne va pas de soi.

L’équation de la connaissance est assez amusante à poser. 

Au numérateur nos 20.000 jours, convertis en temps d’apprentissage, temps de lecture, temps de conférences, théâtres, documentaires, débats télévisés, séminaires, recherches, rencontres inopinées, etc.… qui s’entrechoquent dans nos mémoires.

Au dénominateur, la somme algébrique de tout ce que l’humanité a découvert sur l’homme, la vie, le monde, la science, l’histoire, et l’univers. Une masse astronomique de connaissances.

Le ratio de cette équation ne cesse de diminuer. Nous apprenons de plus en plus, mais nous en savons de moins en moins. Nous oublions aussi de plus en plus, pour faire de la place à de nouvelles informations et connaissances qui surgissent des quatre coins de l’horizon. 

Portés par la technologie numérique et désorientés par le flot torrentiel d’informations que cette technologie rend disponibles, nous laissons nos mémoires en jachère ne sachant plus vraiment ce qu’il est utile de savoir. Paradoxe déroutant.

Au moyen âge et au premiers temps de l’université, selon les conclusions des chercheurs, les étudiants écoutaient leurs professeurs sans réel moyen de prendre des notes et étaient capables de restituer l’équivalent de 40 à 50 pages du cours entendu. 

Ils avaient donc une capacité de mémorisation extraordinaire. A une nuance près cependant, et fondamentale. Aucune autre influence extérieure ne venaient les distraire de leurs études et ils avaient effectivement l’esprit libre d’apprendre. Ce que disaient leurs maîtres n’était pas pollué par une multitude d’autres informations venues d’ailleurs, comme aujourd’hui. Leur espace disque n’était pas saturé.

Oui, nous sommes tous aujourd’hui des méconnaissants capables de dire des énormités par ignorance, car il nous est devenu strictement impossible de tout savoir. 

En dehors du champ de son expertise, l’éminent spécialiste apparaît aussi peu informé ou documenté que le commun des mortels et peut se faire piéger à tout moment, en flagrant délit de sottises.

Tel médecin hyper pointu en rhumatologie se fait prendre comme un bleu au jeu des placements financiers mirobolants. Tel écrivain est incapable de citer un nom de sportif champion olympique. Tel pilote de ligne ne sait comment fermer sa piscine pour l’hiver. Tel vigneron ne sait qui est ministre du commerce.

Tout le monde a oublié l’année où on a marché sur la lune, ou l’année du printemps de Prague. Qui était au pouvoir avant de Gaulle ? Combien sont les Mexicains ? Où la Seine prend sa source ? Qui a écrit l’Île au Trésor ? Qu’est ce qu’une once d’or ? Que veut dire échelle de Beaufort ?

Souvenez vous du succès phénoménal du Quid il y a 40 ans. Il permettait d’avoir presque réponse à tout en étant de la taille d’un dictionnaire courant. En le feuilletant nous découvrions que nous ne savions pas grand chose. Mais convaincus par le dicton « mieux vaut une tête bien faîte que bien pleine » des millions de famille ont eu leur exemplaire du Quid, dico de secours pour têtes de linottes.

Aujourd’hui un savoir faire très utile est de savoir énoncer sur un moteur de recherche les 3 premiers mots qui vont activer de manière décisive le petit diablotin qui va faire surgir de la boîte Internet les adresses tant recherchées.

Avec le web tout le monde dispose de la même bagnole : c’est la démocratisation la plus absolue : le communisme a l’état pur. 

Oui mais… certains ne savent et ne sauront jamais s’en servir. Le communisme de l’engin ne remplace pas l’intelligence de la main. Qui fait de la souris une formule 1 ou un escargot.

Nous sommes définitivement entrés dans l’ère de la connaissance à la carte. Nous trouvons et apprenons ce que nous avons décidé de chercher, de trouver, et de retenir. 

70 ans de sécurité sociale ayant fait de nous des santé-dépendants, accros à la vie éternelle, nous pouvons trouver sur le net cent fois plus d’infos que notre médecin traitant ne pourrait nous en donner en 50 ans de consultations.

Et c’est ainsi que le flair de la fouine terrasse la mémoire de l’éléphant.

Ferrand ferré

Sous titre : quand le Président de l’Assemblée Nationale nous prend pour des buses.

L’affaire Ferrand, c’en est une, explique à elle seule l ‘exaspération de la base, celle des gilets jaunes par exemple. A qui fera-t-il gober qu’il n’a pas tiré avantage de sa position de DG des Mutuelles de Bretagne, où il était entré par piston de Kofi Yamgane, pour avoir été son conseiller en communication. Pour faire simplement réaliser un très joli coup immobilier à sa compagne.

Pour sa défense, il prétend ne pas avoir été administrateur de la mutuelle au moment des faits. Quiconque a un peu d’expérience du business en général et des mutuelles en particulier sait que le pouvoir y est détenu par les directeurs généraux. C’est ainsi que Bébear avait bâti le groupe Axa.

Elle achète donc un immeuble vétuste, grâce à un prêt à 100 %, accordé sur un engagement de location des Mutuelles de Bretagne. Qui en plus lui rénove intégralement. Comment passer d’un coup de zéro à un patrimoine immobilier d’une valeur de 600.000 euros aujourd’hui. Bingo ! Et Ferrand de nous expliquer que tout est légal.

En 2017, Ferrand a écrit lui même les conditions de probité à respecter pour être désigné candidat LREM…! Balkany n’aurait pas osé. Ce qui est inquiétant pour nous tous, c’est que l’un et l’autre ont des partisans pour justifier leurs comportements respectifs, alors qu’ils nous prennent franchement pour des buses.

Balkany ayant l’avantage de l’intimidatio, cigare au bec, et l’autre ayant compris qu’il y a toujours quelque chose à gagner à l’ombre des ténors du parti socialiste.

Macron va avoir beaucoup de mal à replacer l’intérêt général devant. Il est très largement distancé par les intérêts particuliers.

C’est ça une société qui dérive : exactement ça.

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La démocratie paye l’addition

Quand il n’est pas ou plus possible d’accorder les individus sur la marche à suivre, il faut les départager par le vote. La démocratie repose donc sur un concept élémentaire. Confier le pouvoir au camp ou au parti qui obtient une voix de plus que l’autre. Ce recours à l’addition semble être le plus logique, et le plus juste car il donne un pouvoir équivalent à tous. Mais pouvoir de quoi ?

Dans la vie quotidienne, le bon sens nous a appris à confier à des gens qualifiés les tâches qu’il faut accomplir pour qu’une vie en société se déroule harmonieusement avec le moins de désagréments et d’incidents possibles. Le chauffeur du bus scolaire, l’électricien, le juge, le chirurgien, le chimiste, l’architecte ont eu à démontrer leur capacité de…

Dès que nous entrons dans le champ politique, le bon sens est mis à mal, puisque tout le monde peut se prononcer sur les options qui généreront pour tous le meilleur contexte de vie collective. En même temps, et selon la même logique la démocratie autorise tout citoyen à candidater, sans avoir à démontrer sa capabilité. La médiocrité se faufile avec aisance entre les mailles.

Cela a fonctionné durant des décennies, marquées par une différenciation binaire des programmes et des ambitions sociétales. Aujourd’hui l’éventail des options politiques ne permet plus de passer de l’ombre à la lumière. La complexité des intrications a changé les pré requis pour prétendre assumer le pouvoir.

La politique est restée dans un cycle de promesses forcément déceptives, puisque nombre des postulants abusent de leurs prétentions à faire plier les évènements et à dominer les facteurs extérieurs. Les gilets jaunes ont cru qu’il suffisait de… comme les anglais ont cru que sortir de l ‘Europe suffisait… L’ignorance, mère du simplisme, provoque la suspicion et exacerbe la pensé magique.

Le désarroi se lit dans les erreurs magistrales des prévisions des instituts de sondage aux européennes 2019. L’opinion zigzague d’une promesse à l’autre.

Si le pouvoir change d’écurie pour une voix ou 0,1 % des voix, la réalité elle ne s’en trouve pas modifiée. Il semble bien que nous touchions à la fin du simplisme décisionnel de l’addition, qui repose sur l’équivalence de jugement des voix des électeurs : ce qui est de fait un postulat faux et trompeur.

Le principe de l’addition pousse à ne s’adresser qu’à la fraction la plus crédule de l’électorat,( euphémisme courtois ) Un jour viendra donc où l’intelligence artificielle, elle, par sa capacité de simulation phénoménale, analysera la pertinence des promesses politiques et dégonflera les mystifications des bateleurs d’estrade.

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Hong Kong , King Kong

Le géant Pékin Kong va t-il broyer le petit Hong dans sa main rouge ? Je pense qu’il réfléchit à la façon de réprimer habilement le petit poucet afin que son opinion publique chinoise accepte la punition.

La liberté de ce minuscule territoire doit être dissoute dans le centralisme démocratique. Hong Kong est comme une verrue occidentale au front du socio capitalisme d’état, comme l’est Israël au milieu d’un océan de dictatures.

L’environnement idéologique athée de Chine, ou l’environnement théocratique du monde musulman ne peuvent pas tolérer la liberté de penser. Ce faisant, ils confirment que le bien le plus précieux, universel, est cette liberté.
Et la liberté d’exercer son esprit critique pour juger d’une situation a un tel pouvoir subversif, que les démocratures savent que c’est la première chose à brider pour durer. L’homme libre est un hérétique en puissance.

Lorsque Xi Jin Ping décide de se faire désigner premier secrétaire à vie, il dit tout simplement que changer de dictateur ne procurerait aucun bénéfice au pékin moyen, puisque la liberté au sens éthymologique n’existe plus en Chine, depuis Mao. Le patron du géant Huwaï n’est pas plus libre qu’un oligarque russe.

La mondialisation a un effet pervers invisible : elle a engendré une telle complexité d’interdépendances que les peuples et les populations n’ont plus la capacité individuelle d’en analyser les enjeux et les paradoxes. Ils acceptent donc plus volontiers de s’en remettre à des pères Noël, qui savent désormais comment manier le miroir aux alouettes. Le Brexit a réussi sur ce mécanisme primaire, dans une démocratie historique.

Peking Kong, d’une manière ou d’une autre ne peut pas accepter que la liberté à l’occidentale lui pique la plante des pieds. Le coup de talon est proche. Poutine a montré l’exemple avec la Crimée : elle est à moi point barre !

Un paradoxe surgît : Trump qui serait le plus médiocre Président des Etats-unis, aurait tactiquement intérêt à laisser Péking Kong écraser Hong, ce qui confirmerait la dangerosité de la Chine, qu’il serait le seul à pouvoir contrer avec détermination. Et si la crainte du grand méchant dragon déportait ailleurs qu’à Hong Kong la manne financière…

Les Américains ont une arme colossale : la défense passionnelle de la liberté. Les chinois ne l’auront probablement jamais.

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« J’ai tenté de ne jamais tricher » Michel Serres

Cette phrase est magnifique ! De simplicité, de lucidité, de modestie, et de volonté. Michel Serres est un des plus beaux fruits du terroir français. Il nous a rendu heureux d’être humains.

Et quelle contribution magistrale à la diffusion de la richesse la plus utile : le savoir, le savoir voir, le savoir comprendre. Avec Michel Serres, et son pruneau dans la gorge, nous nous étonnions de nous découvrir tels que nous sommes. Capables de…

Michel Serres a engrangé pour nous. Quelle faculté de synthèse, servie par une facilité d’élocution chatoyante. Il avait un don rare pour la voyance, la véritable, celle qui éclaire la pénombre. Michel Serres était formidablement doué pour détecter le bon.

Académicien, si éloigné de l’académisme, son fauteuil ne pourra être occupé que par une personnalité aussi généreuse et malicieuse. Quand on écoute les grandes gueules, et les grands gueulards du monde politique, on mesure ce qu’est la pauvreté intellectuelle en face d’une personne aussi perspicace et bienveillante.

Ceux qui s’amusent à faire le classement des personnalités préférées des français devraient réfléchir à un autre classement : celui de la personnalité la plus utile aux français.

Michel Serres est un type bien. Il a réussi à ne jamais tricher.

A diffuser sans modération…

Edito européen

L’ édito du lundi matin européen, en mode gratuit.

1. Il est rassurant que les sondeurs se plantent sur quatre projections : cela signifie qu’une bonne part des électeurs pensent encore par eux mêmes.
( participation, score Jadot, score Bellamy, score Mélenchon )
2. Les  moins de 40 ans sont venus pour dire leur nouvel attachement  à une meilleure planète :  cette tendance est mondiale.
3. Chez les grands perdants, la défaite devient immédiatement « collective »  et la cause invoquée est magique : c’est pas à cause de nous… 
4. Il n’ y a plus de place pour deux au centre de l’échiquier politique , entre les populistes jaunes et les révolutionnaires rouges.
5. L’idée de réanimer, sur les décombres de pensées carbonisées, un front de plus contre Macron sera un suicide pour notre pays.

Il faut que cet homme, jeune, continue à parler vrai, et à contrer la langue de bois et le politiquement correct.

Nota :  Macron perçoit bien que 1 % c’est l’épaisseur du trait, comme les 1,27 % de Fillon au premier tour 2017, mais l’urgence n’est plus à la revanche.

Questions contre certitudes…

La médecine, les médecins, le CHU ont-ils fait le maximum de ce qu’il pouvaient faire pour ramener Vincent Lambert dans le vrai monde vivant ? La réponse est oui.

Son cas a-t-il été examiné avec attention par les médécins experts, les experts, les juges, les cours de justice ? La réponse est oui.

Les parents ont-ils faits confiance aux médecins pour le guérir ? La réponse est oui.

Les parents considèrent -ils que la femme de leur fils n’est pas concernée par le destin de son mari ? La réponse est oui.

Les parents croient-ils à une deuxième vie, éternelle, dans laquelle Vincent ne souffrirait plus du tout ? La réponse est oui.

La société a -t-elle, après 10 ans de soins, rempli son devoir d’assistance et de solidarité ? La réponse est oui.

Les accusations de mise à mort déguisée , d’euthanasie délibérée, de violence légale, etc… sont-elles de nature à dépouiller la société de son pouvoir d’appréciation au bénéfice de la seule volonté des parents ? La réponse est oui.

Faudra-t-il demander à chaque citoyen d’écrire sa volonté expresse en cas de perte définitive d’appéciation ?. La réponse est oui.

Pour le reste, bien optimiste serait celui qui oserait défier les croyances, l’invérifiable est bien trop confortable.

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